Wu-Ji, la légende des cavaliers du vent

Publié le par DiaKr

2005
Chine
un film de Chen Kaige avec Nicola Tse, Cecilia Cheung et



Chen Kaige tient sa promesse

 

 

   Pendant longtemps les amateurs de cinéma asiatique ont dû se contenter de films dont le budget, les effets spéciaux, les décors, la mise en scène, n’étaient pas à la hauteur des exigences esthétiques et artistiques des cinéastes. Depuis quelques temps, Zang Yimou (Pas Un De Moins, Hero, Le Secret Des Poignards Volants) était parvenu à montrer au public occidental quelques notions et des atmosphères propres au genre. Cependant dans ses films, Yimou fait souvent prévaloir son style (Le Secret Des Poignards Volants) ainsi que des concepts nouveaux (Hero) au détriment de la tradition et du cinéma de genre.

 

 

 



    Mais cette fois, Chen Kaige (Adieu Ma Concubine, L’enfant Au Violon) parvient à concilier univers chinois, décors et mise en scène sublimes, scénario sans faille, personnages poignants, bref, un film qui ne révolutionne pas le cinéma mais qui permet au public occidental de découvrir (pour beaucoup) le style cinématographique chinois traditionnel. Ce n’est pas un hasard si son cinéma ressemble à celui de Zang Yimou, ils sont de la même génération, sorti la même année de l’Institut de Pékin en 1982. Une année plutôt bénéfique.

 

 

 

   L’esthétique plastique de tous les instants ne recule pas devant les hyperboles et la photographie statique et flamboyante. Les décors et les costumes sont absolument somptueux.

 

 

 

   Le romantisme volontairement stéréotypé ne peut pas déplaire, tout comme ces chevaliers héroïques, ces esclaves affranchis et ces belles princesses, tous attachés au destin d’une promesse. Le scnéario est fataliste, nous fait croire au miracle, redonne un sens à la vie chevaleresque, à des sacrifices métaphoriques et pleins d’espoir. Comment résister à cette tragédie romantique si bien ficellée ?

 

 

 

   L’efficacité du film est certaine mais n’est pas une fin en soit de l’œuvre. Car Chen Kaige ose relancer un cinéma de genre dans la pureté de style. Préférant le faste au fade, Chen Kaige tranche sa position dans le cinéma chinois et ouvre une voie, la voie de la pureté plastique, du « smooth superbe », à la fois lisse et excentrique. Et quand Chen Kaige ouvre une voie, c’est dans un nuage de poussière et de rubans rouges, c’est dans la tourmente d’une femme bouleversant le destin, dans la course effrénée et dévastatrice d’un troupeau de buffles.

 

 

 

   Il convient donc encore une fois de ne pas sans cesse critiquer le commercial mais plutôt d’y observer les nouveautés et l’art du film. Wu-Ji est tout sauf sophistiqué mais ne cache pas son sens. La forme n’est pas ici une couche superflue de procédés galvaudés, mais au contraire dévoile directement le (nouveau ?) style du cinéaste.

  

   On y croit tout le long, non pas parce que c’est réaliste, mais tout simplement parce que c’est complètement irrationnel. Et magnifique.

 

> Quelques liens : 

Fiche Cinémasie :

The Promise


Publié dans Critique

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Guillaume V. 12/10/2006 14:44

très bonne critique, l'essentiel y est exprimé clairement et devrait convaincre bon nombre de cinéphiles.une remarque : à mon goût, Wu Ji peut être qualifié de sophistiqué, mais dans le bon sens du terme, à savoir qu'il allie la tradition du genre à des moyens de masse modernes et efficaces, sans rompre le charme.à bientôt sur mon blog.